CES FILLES-LÀ D’EVAN PLACEY

10.00 TVA incluse

Ces Filles-là d’Evan Placey
Traduit de l’anglais par Adélaïde Pralon.
Editions Théâtrales Jeunesse
Prix : 10 euros

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Description

« Quand les poules commencent à se battre, quand elles sont vraiment à fond, elles peuvent aller jusqu’au sang et c’est là qu’il faut faire vraiment attention. Parce que si elles voient du sang, les autres poules, elles se transforment en meurtrières. Elles se mettent à donner des coups de bec pour faire couler plus de sang, encore et encore. On est obligé de les asperger de spray antiseptique violet pour qu’elles voient pas le rouge du sang, sinon elles tueront la poule à coups de becs. Je sais pas pourquoi. Mais je crois qu’une poule vulnérable met tout le groupe en danger. Un truc dans le genre. »

L‘intrigue de ce texte intelligent et bouleversant pourrait être résumé avec cette citation qui apparaît au début du texte d‘Evan Placey. Ce groupe de petite filles, d‘adolescentes et de femmes qui se battent, qui se jugent et se détruisent. Scarlett est cette “poule vulnérable” qui est jugée depuis l‘enfance. Cette fille qui ne rentre pas dans les cases de “Ces filles-là“.

Scarlett fait partie des vingt filles de l‘école prestigieuse de Sainte Hélène, elle partage la vie de ses filles depuis ses cinq ans. Des filles toutes différentes, n‘ayant pas le même statut sociale et n‘habitant pas le même quartier. Des filles qui ne seraient pas adressées la parole dans une cour de récréation mixte ou dans la rue. Ces filles vont passer huit ans de leurs vies ensemble à se connaitre, se détester, se rabibocher, s‘aimer comme des sœurs. Entre elles, on pourrait croire que c‘est un peu à la vie à la mort. Mais non …

« A Sainte Hélène, on est des petites filles civilisées. Nous les humains, on est bien plus intelligents que les poules. On a pas besoin de se battre. On le connait, l‘ordre hiérarchique. »

Cet ordre qui est injuste, abusif, idiot et qui ne justifie absolument rien. «Scarlett est en bas, c‘est tout.»

Au fil du texte, nous assistons à cette exclusion progressive de Scarlett, nous nous sentons impuissants et nous espérons que l‘une de ses camarades réagissent. Mais rien, aucune d‘elles ne lèvent le petit doigt. Au contraire, elles frappent de plus en plus fort jusqu’à l‘adolescence. Une photo est envoyée sur les réseaux sociaux. Une photo d‘une jeune fille nue. Cette fille-là, c‘est Scarlett. Alors l‘enfer grandi. Elle est critiquée, jugée, épiée par toutes ses anciennes amies. Ses sœurs de l‘enfance. Et les insultes se propagent tout comme les rumeurs. „Salope !“ „Grosse pute !“. Les filles jugent son corps, son apparence et sa façon d‘être. Les garçons disent qu‘ils aimeraient se la faire. Personne ne pense à ce que Scarlett ressent à ce moment précis. Elle change d‘école en pensant que le harcèlement cessera mais les réseaux sociaux vous poursuivent. Aucun moment de répit pour Scarlett. Ce n‘est qu‘un jeu pour les autres filles et puis vaut mieux que se soit elle, qu‘une autre ! Après tout, c‘est l‘ordre hiérarchique.

Les filles ça se sert les coudes face à notre société, non ? Mais alors, notre féminisme se serait perdue ?

Ce qui est intéressant dans ce texte, c‘est qu‘Evan Placey a choisi de donner la parole qu‘à un seul personnage. Ce personnage c‘est le groupe des autres filles. Cette voix unique qui juge Scarlett coupable de n‘être que Scarlett. Ou peut être que ce groupe de filles n‘ont jamais voulu savoir pourquoi elle l‘avait choisie. Scarlett s‘est toujours assumée, elle a fait preuve de caractère et elle leur a fait face. La jalousie s‘est toujours moche vue de près.

Ces filles-là est un texte important sur la condition féminine et sur le féminisme passée et contemporain. Il nous interroge sur notre intolérance silencieuse et sur notre société patriarcale.

Une pièce nécessaire !

Ces Filles-là d’Evan Placey

Traduit de l’anglais par Adélaïde Pralon.

Editions Théâtrales Jeunesse

Prix : 10 euros